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mercredi 4 avril 2012

Un spécialiste de littérature jeunesse + un auteur + une accordéoniste font ?

... Un événement à ne pas manquer.
Rendez-vous ce soir à la Bibliothèque Départementale de Prêt de Ranville.
Demandez le programme !
Une rencontre autour de mes livres, animée par Gilles Moreau.
Des lectures (je lis) accompagnées d'accords d'accordéon diatonique avec, au soufflet et au chant, Nadège Queuniet.
Une expérience dans la joie et la bonne humeur, et des surprises mamipouliennes.
Le tout se termine par une séance de dédicaces et du blabla à gogo si vous le désirez.
Voilà : ça commence à 20h30. Venez nombreux !


La belle adresse :
BDP de Ranville
Chemin de Longueville
14860 Ranville

mercredi 28 mars 2012

Comment va Michel ?


Michel va bien, merci.


Il n'a pas encore été englouti par les sables mouvants.
Il lève le nez pour étudier la carte du ciel et compter les mouettes comme d'autres comptent les vaches le nez collé à une vitre de train.


Rondeur des jours par ici, et jeu de cache-cache avec le soleil. Allez, on enlève les chaussures...


Drôle de sensation, le sol est tantôt dur voire rugueux, tantôt mou et gourmand. Un mouvement et l'on s'enfonce, happé par...



Mieux vaut ne pas savoir qui se cache là-dessous. Ne pas demander à l'auteur en moi. Michel, qu'en penses-tu ?
- C'est LUI !
Lui, le D.
Une petite pensée pour tous ces pèlerins qui affrontaient l'ensablement pour se rendre à l'abbaye du Mont.


Une pensée pour leurs pieds décongelés par les flammes des immenses cheminées présentes dans la Merveille.
Tout de même, quelle folie de construire un tel ensemble monastique sur l'eau ! Michel voulait-il littéralement marcher sur l'eau, sur les pas d'un autre ?
Et voilà qu'on se surprend nous aussi à avancer sur ces terres englouties, ces terres gloutonnes, ça fait splotch splotch et ne laisse pas de traces, ou si peu.


Les pèlerins du jour sont de nature touristique, qui avec une canette de bière, qui avec un cheval, qui avec un pantalon roulé jusqu'aux mollets, le but est le même : ne pas sombrer, ne pas disparaître.


Et c'est là que tout prend sens, que les idées s'éclaircissent ou se confirment.
De retour du Mont-St-Michel, je reprends le brouillon de "L'assassin du calendrier", un projet sur lequel je travaille depuis un an maintenant. Pour point de départ, les Très riches heures du duc de Berry et la collection "Pont des arts" (chez Elan vert), dans laquelle j'ai déjà publié un livre sur les Ménines de Vélasquez, Moi, princesse Marguerite. Imaginer une histoire qui oblige le lecteur-spectateur à regarder l'oeuvre de manière différente. Dans le cas des riches heures, j'ai choisi d'écrire un polar.


Le décor du Mont-St-Michel n'est certes pas le même que celui du livre d'heures des frères de Limbourg (comme le montre le mois de mars publié ci-dessus), mais l'ambiance rejoint celle de mon texte - une bataille entre le bien et le mal, les interrogations du Moyen Âge, Dieu et le Diable, la société moyenâgeuse, les positions des chevaliers, des moines, des paysans, la dureté de la vie, son côté "fataliste"...

Une histoire d'âmes.

Sables mouvants, Sables émouvants, pour reprendre le titre d'un très bel album de Thomas Scotto et Eric Battut.
L'histoire d'un petit garçon assis dans le désert et qui pense à son papa parti pour un long voyage. Perte, tristesse, mais âme et hommage aussi, à un petit prince que nous connaissons tous.


Le petit Prince a-t-il foulé les sables avec Michel ? Et si les sables l'avaient avalé, quelle forme auraient-ils pris ? Qu'aurais-tu dessiné, Michel ?


- Un boa prince. Dis, il va s'en sortir, cet enfant de Saint-Exupéry ?
Michel, tu t'inquiètes pour rien, le petit malin a fait pousser un babao pour remonter des entrailles de la Terre et grimper jusqu'aux étoiles afin d'éteindre les réverbères à temps.
- Ah !



Mais je m'égare. J'ai peut-être oublié l'ombre de mon âme dans le sable. Par chance, il fait soleil aujourd'hui aussi, et mon ombre pourra rentrer à Morteaux-Couliboeuf sans être balayée par la pluie et le ciel gris.

samedi 25 février 2012

Oui, je sais...

Je n'ai rien écrit cette semaine. Enfin, rien écrit sur mon blog, hé ! hé !
Je tiens à préciser que je ne suis pas responsable de ce silence inadmissible.
C'est parce que j'ai accueilli quelqu'un en résidanse, moi qui suis en résidence.
Il y a eu du mouvement à Morteaux-Couliboeuf.
Alors voilà : toutes mes excuses.
Il a fallu que je m'occupe d'une danseuse qui avait la bougeotte.
Il a fallu que je lui coure après...


... et encore après...


... et toujours après...


... et re-après...


... veux-tu rester là, non mais !


... et elle repartait...


... toujours plus loin... toujours plus rouge...


... j'ai dû lancer un avis de recherche...


... je l'ai retrouvée grâce à Patricia à l'IMEC de Caen, imaginez un peu...


... mais qu'est-ce qu'elle fait encore ?


... ah ! pousse-toi un peu...


... que je m'y mette...


... sans flash, nan mais...


Une lecture après (La belle parleuse, d'après Portrait de dame d'Alain Frontier, d'après les paroles de sa compagne Marie-Hélène Dhénin), j'ai ramené mon petit chaperon fissa à la maison et lui ai dit :
- Pas bouger !


Alors, la danseuse cavaleuse s'est (enfin) mise au travail : elle a pris des positions de lecture vraiment intéressantes.


Passionnantes, n'est-ce pas ?


Et là ?


C'est mieux ?


Merci à Nathalie Quoniam, la petite fille du spectacle La petite fille qui marchait sur les lignes, et du futur spectacle "Tout le monde lit" sur lequel nous avons travaillé cette semaine.
Des lectures dansées, pour les enfants sinon rien. Bientôt. On y travaille.
Allez, cours, petit chaperon, cours !

mercredi 15 février 2012

Un tapis par courrier

J'habite donc à la Mairie, puisque mon courrier y arrive.
Respect, hein ! (rires)
Hier, est arrivé un paquet que j'ai vite déchiqueté, suspectant une bombe...
Elle m'a sauté aux yeux.
Tapis tapis vois.


Me voilà renvoyée dix-sept ans en arrière, face à mon premier livre, picotements au coeur, je le palpe, je le retourne, je le caresse, le retourne de nouveau, l'ouvre ? l'ouvre pas ?
Je l'ouvre, feuillette les pages, vérifie qu'elles sont bien imprimées, les couleurs pètent, sourire jusqu'aux oreilles au moins, ça fait toujours le même effet quand je reçois un de mes prochains livres, je redeviens cette gamine à qui l'on offre un cadeau de rêve.
L'étape suivante est peut-être la plus angoissante : je me coupe du monde, coupe le son, s'il y des gens autour de moi je m'enferme dans une chambre, pas besoin de ça ici, il n'y a personne mis à part moi, ou moi et le livre, je m'assieds confortablement et ouvre de nouveau l'objet tant attendu. Pour le lire.
Le relire, me corrigerez-vous, puisque je l'ai écrit.
Oui mais non. Quand le manuscrit est devenu un livre, il n'est plus le même.
Tapis tapis lis.


Je lis donc ce nouveau texte dans son nouvel environnement (les illustrations, que j'ai déjà vues sur écran, en tout petit et pas forcément en haute définition), et me laisse porter. J'aime ? J'aime pas ? Il est rare que la deuxième option soit retenue. En revanche, dans la première, il y a des nuances.
Pas mal, oui, bien, beaucoup, là vraiment, celui-ci va devenir un de mes préférés, celui-là possède un quelque chose qui fait la différence, etc.
Tapis tapis choix.


C'est un texte ritournelle, un texte promenade sur un tapis vivant (pas volant), animé par les excellentes soeurs Anna & Elena Balbusso.
Je livre la première double page et des détails du jardin des délices et des lys avec sa panthère bleue ; du prince prisonnier d'un sombre pays aussi.


Tapis tapis fin.
Je referme l'album.
Mon imaginaire est le leur. Je parle des soeurs italiennes.
Notre imaginaire sera le vôtre ou... Allez ! je te dis tu.
Tapis tapis tien.


Il va falloir attendre un peu moins d'un mois.
J'en reparlerai alors, en montrerai davantage.
Petit coup de fil à mon éditeur :
- Je viens de recevoir mon tapis, j'adore !
Promis, je ne le piétinerai pas.
Je le dépose sur la commode, dans mon bureau, pour pouvoir le regarder d'un simple mouvement de tête.
Tapis tapis là.


Tapis tapis moi, illustré par A. & E. Balbusso, sortie le 7 mars chez Sarbacane.

mardi 24 janvier 2012

Ma maison

M'approprier les lieux, poser mes chaussures.


Recréer un bureau du possible.


Avec la main d'un autre auteur, grec.


Avec mon bordel, mon foutoir, mes gros mots.


Avec mes projets, des croquis, des personnages.


Avec mes amis.


Avec une fenêtre sur l'extérieur.


La promesse d'un paysage, une vue sur le ciel et ses humeurs.

Être là, écrire, dessiner, partager.


(illustrations de Pierre Fouillet, princesse d'Elise Mansot, puis dans les rouges, Julia Chausson, Rémi Saillard, Janik Coat enfin pour l'hippopotame)